Allaitement et contraception

"Le bien et le mal doivent leur origine à l'abus de quelques erreurs." Paul Eluard

Par Bruno Conjeaud

Désolé les filles, vous allez finir par me détester ou par me considérer comme un empêcheur de tourner en rond.

Je vous livre malgré tout dans cette rubrique le produit de mes expériences et constatations récentes. Pour certaines mères portées sur les médecines naturelles, ce constat sera d'évidence et de bon sens, pour d'autres moins « connectées ou averties », il représentera certainement une gêne aux entournures, un agacement, voire une stupéfaction.

De toutes manières quelque soit votre réaction, positive ou négative, remerciement ou rejet, vous avez le droit fondamental d'entendre « un autre avis » sur la contraception pendant l'allaitement, sur une autre façon d'évaluer ses risque réels ou potentiels.

Je vais tout d'abord vous raconter comment j'ai pu constater certains des effets négatifs de la contraception orale pendant la période d'allaitement, puis je vous fournirai quelques détails techniques afin que vous puissiez vivre pleinement et exprimer votre libido avec votre petit mari chéri et préféré.

Pour celles (et ceux, j'espère Messieurs que vous êtes nombreux à vous intéresser à la question de la contraception et à son impact sur la santé de votre partenaire et de votre descendance...) qui n'auraient pas encore lu « Grossesse, hormones et ostéopathie », je rappellerai que la batterie de tests physiques dont dispose un ostéopathe énergéticien, lui permet d'évaluer l'impact de tous les produits chimiques absorbés par un organisme, et notamment des médicaments. Nous pouvons apprécier et quantifier cet impact sur 24h selon le temps d'efficacité moyen d'un médicament (Ou sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour les produits les plus virulents aux effets négatifs prolongés). Ces tests s'avèrent fiables pour une main expérimentée bien entendu (Ainsi, pour ma part j'attaque ma 26ème année de pratique ostéopathique).

Ils nous permettent de distinguer essentiellement deux périodes : une première période dite de « molécule active » de quelques heures à 24 ou 48 heures selon le produit absorbé et une deuxième période dite de « molécule amortie ».

1 - La phase de molécule active

La phase de « molécule active » dont j'ai abondamment parlé dans Grossesse, hormones et ostéopathie, est une phase extrêmement gênante pour la connexion et le travail ostéopathique. Durant cette phase nous ne pouvons accéder à une pleine « réharmonisation énergétique ». Le foie qui est le « chef d'orchestre » énergétique du corps s'avère constamment perturbé par la rencontre avec ces molécules chimiques exogènes. Il éprouve de réelles difficultés à les dégrader et à les cataboliser. Les molécules chimiques (principes actifs) ont été choisies pour cela par les concepteurs du produit pharmaceutique ; pour qu'une molécule demeure active et accomplisse l'œuvre et la visée thérapeutique qu'on attend d'elle, elle doit nécessairement (notamment lorsqu'elle est ingérée par voie orale) éviter une dégradation instantanée par les différents filtres et moyens d'élimination du corps que sont la rate, le foie et les reins.

Pour expliquer à mes patients la difficulté qu'éprouve un thérapeute pendant cette phase « active » j'emploie l'image d'un véhicule que l'on nous demanderait de pousser, mais dont le propriétaire aurait oublié d'enlever le frein à main.

Cet effort est réellement épuisant pour le praticien mais de plus « l'activité de la molécule » synthétique limite l'accès à la pleine réharmonisation énergétique du patient, réharmonisation, qui tel un « tsunami » intérieur aurait pu balayer miasmes, résidus et blocages. De plus elle prive les patients suivants d'une main thérapeutique efficace car le praticien aura les mains engourdies ankylosées pour plusieurs heures. C'est donc pour cette raison que je demande depuis plusieurs années à mes patients de ne prendre aucun médicament (ou de ne pas fumer...) 24h avant une séance.

Ma constance énergétique ainsi que les résultats thérapeutiques s'en sont trouvés bonifiés et même révolutionnés, tout comme ma vie, mon optimisme et ma santé bien sûr.

2 - La phase de molécule amortie

La deuxième phase dite de « molécule amortie » nécessite bien sûr un travail précis, intense souvent long mais toujours efficace de la part du thérapeute.

L'attention et les manœuvres de drainage du thérapeute énergéticien se porteront sur le foie bien sûr mais également sur la rate, les reins, les chylifères, qui sont les vaisseaux lymphatiques intestinaux, sans oublier, bien entendu, au final l'ensemble du système lymphatique (voir dans Grossesse, hormones et ostéopathie la distribution asymétrique et l'anatomie du système lymphatique), système lymphatique dont le drainage ne commencera la plupart du temps qu'après le déblocage du 3ème chakra latéral gauche qui correspond à la rate (le petit soleil intérieur des orientaux).

Ces manœuvres sont donc souvent assez difficiles et longues mais elles sont... « possibles » et réellement efficaces car nous n'avons pas affaire à une molécule en phase d'activité qui perturbe inlassablement sans aucun répit les organes d'élimination.

Voilà donc ce que nous sentons, ce sur quoi nous travaillons en début de séance, que ce soit sur vous ou sur vos chérubins, petits bouts de choux d'amour que vous avez la gentillesse de nous confier (certaines fois avec appréhension quand même...).

Et, c'est donc ainsi que j'ai pu apprécier l'impact de la péridurale sur les nouveaux-nés sous forme d'inertie énergétique, de ralentissement digestif ou de perturbations sur l'ensemble des muqueuses. Quelque soit la saison, avez-vous remarqué combien de nourrissons sortent « enrhumés » de la maternité ? En fait de rhume nous retrouvons bel et bien une perturbation muqueuse globale induite par une réaction aux produits anesthésiants contenus dans la péridurale.

De tout ce combat, de ces sensations et convictions, des ces expériences j'ai déjà abondamment parlé dans Grossesse, hormones et ostéopathie mais, après la parution du livre, une autre impression, une autre découverte péjorative est venue lentement s'imposer à moi, et m'a progressivement orienté vers les méfaits de la contraception pendant l'allaitement.

J'ai donc soigné successivement un grand nombre de petits chérubins en éprouvant à leur contact des sensations bizarres et désagréables. Comme toujours, j'ai entrepris de drainer les conséquences (les molécules « amorties » mais pas éliminées) de la péridurale, ainsi que des éventuels traitements pris pendant la grossesse (comme les tocolytiques) ou les conséquences toxémiques des différents vaccins, s'ils avaient eu lieu. Mais, après quelques minutes d'efforts frustrants ou peu fructueux, j'ai dû plusieurs fois me résoudre à envisager la présence d'une « molécule active » ; j'ai pratiqué en conséquence, auprès de la maman, un interrogatoire complémentaire, du style :

  • - Votre enfant a-t-il été malade ?
  • - Lui avez-vous administré un quelconque médicament ces jours-ci ou plus précisément aujourd'hui ?

Lorsque la réponse était négative, bien entendu je restais quelque peu perplexe, en sentant monter dans mes mains ce constat d'impuissance et cette sensation si pénible et douloureuse qui vous envahit le poignet, l'avant-bras, le coude, l'épaule puis tout le corps. Sensation, dont je ne pouvais me débarrasser autrefois (avant d'avoir évalué l'impact des « molécules actives ») qu'avec une bonne nuit de repos (et encore...).

Et puis, au bout de quelques cas récalcitrants et perturbants j'ai fini bien sûr par orienter mon interrogatoire vers la mère, pensant que si elle allaitait, la sensation de « molécule active » pouvait venir d'elle. Et c'est ainsi, que j'ai pu prendre conscience que toute contraception prise par la mère en cours d'allaitement était capable de perturber les principaux organes de l'enfant et notamment son foie. Il nous faut, bien entendu, nous poser la question de savoir si une molécule synthétique (en général de la progestérone) peut influencer le devenir et la croissance des organes génitaux de nos nouveaux-nés mâles ou femelles, filles ou garçons. Qui peut prétendre que cette absorption d'hormones exogènes n'aura pas d'influence sur la future fertilité de notre descendance ?

Le médecin qui a prescrit cette contraception et qui nous dit qu'elle est sans conséquence sur notre nouveau-né, ce médecin là, prend-il ou connaît-il l'exacte étendue de ses responsabilités à long terme ou n'est-il que le digne descendant d'une longue lignée qui a déjà prescrit sans inquiétude et sans état d'âme de la Thalidomide, des anti-inflammatoires en période de grossesse, ou du Distilbène ? Sommes nous confiants, résignés et passifs ou seulement mal informés ?

Vous devrez donc décider en votre âme et conscience. A mon sens il était capital et légitime de signaler à toutes les mamans, ayant opté pour cette noble pratique, pour cette preuve d'amour, qu'est l'allaitement, qu'elles risquaient sans le savoir de nuire à leur progéniture en optant pour une contraception orale pendant la durée de cet allaitement. Bien entendu, j'ai conscience que certaines mères se poseront la question de savoir quel crédit elles peuvent allouer aux dires d'un obscur ostéopathe d'une lointaine banlieue girondine, c'est donc dans ce sens que je vais étayer mon propos par quelques données connues issues d'ouvrages médicaux référencés.

Dans Contraception, ouvrage de compilation, réalisé par David Serfaty (Editions Masson), sous la plume de R. Dreyfus, au chapitre « Post partum et allaitement », nous trouvons des données essentielles. En préambule, R. Dreyfus nous précise que les moyens mis à notre disposition devront être choisis pour leur innocuité materno-infantile tout autant que pour leur efficacité, ce qui est la sagesse même.

De 0 à 2 mois après l'accouchement (période de cicatrisation et régénération de l'utérus) :

  • Méthodes locales :
    • * préservatifs souhaitables
    • * spermicides sous forme d'ovules, éponges, gel ou crème (sauf nonoxynol-9 en cas d'allaitement) souhaitables
  • Autres méthodes :
    • * Macro progestatifs déconseillés en cas d'allaitement
    • * Oestroprogestatifs minidosés déconseillés mais tolérables si les autres méthodes ne sont pas possibles
    • * Dispositifs intra-utérins (stérilets) tolérables à partir d'un mois

Après 2 mois :

  • * Méthodes locales souhaitables
  • * Dispositifs intra-utérins (stérilets) souhaitables
  • * Micro progestatifs oraux acceptables si l'allaitement est court
  • * Macroprogestatifs déconseillés
  • * Oestroprogestatifs minidosés déconseillés mais tolérables si l'allaitement est court et si les autres méthodes ne sont pas possibles
  • * Progestatifs injectables tolérables
  • * Implants acceptables
  • * Anneaux vaginaux acceptables à souhaitables si à base de nestorone

Il reste bien entendu à évaluer les différences de conséquences potentielles entre les termes souhaitables acceptables et tolérables...

Pour en juger voici quelques données complémentaires :

  • - Oestroprogestatifs minidosés : l'allaitement sera réduit en durée. La qualité et la quantité de lait seront « peu » modifiées.
       Pour les nourrissons, croissance, appareil génital et fertilité ultérieure ne sont pas altérés.
       Notons cependant que 1 à 2% des stéroïdes passent dans le lait, 0,02% des oestrogènes et 0,1% des progestatifs chez le nourrisson. Et l'auteur conclut en disant :
       « La prudence implique de faibles dosages ou la non prescription » ce qui bien sûr vient contredire les phrases précédentes. Je puis vous garantir pour les consulter régulièrement que les ouvrages de pharmacovigilance sont remplis de phrases et de contradictions de ce genre.
       L'auteur, un peu plus loin, nous rappelle que d'après le schéma commun des contraceptifs oraux oestroprogestatifs, approuvé le 6 Juin 1997 par la commission d'autorisation de mise sur le marché (AMM) les oestroprogestatifs sont déconseillés en cas d'allaitement.

  • - Micro progestatifs oraux : l'effet est nul sur la lactation et « probablement négligeable » sur l'enfant, 0,1 % de produit actif transmis.

Commentaire

Nous avons choisi de garder précisément la terminologie de R.DREYFUS qui s'avère de fait peu rassurante lorsque nous la mettons « entre guillemets... » Surtout en tenant compte d'autres données telles que celles qui nous sont proposées par M.C. Laurent du CHR de Rennes qui nous dit : « Aucun progestatif de synthèse ne reproduit exactement tous les effets biologiques de l'hormone naturelle. Selon leur structure, leur interaction avec les récepteurs de la progestérone mais aussi avec les récepteurs des androgènes, des glucocorticoïdes, des minéralocorticoïdes, ils ont des effets secondaires et des profils d'activité différents qui dépassent largement celui de l'hormone naturelle. Il en résulte des applications thérapeutiques vastes, spécifiques à chaque classe de progestatif. Pour notre part nous rajouterons : « Et des effets secondaires ou tertiaires insoupçonnés... »

Nous rappelons également comme nous l'avons déjà écrit dans Grossesse, Hormones et Ostéopathie que : « Le principe actif le plus couramment employé dans la contraception orale est 100 fois plus puissant que l'hormone naturelle en FSH, 500 fois en LH, 600 fois en Sex Hormon Binding Globuline, et 300 fois en Angiotensinogènes. Cette puissance est la même que la contraception soit administrée par voie orale ou par voie vaginale. Cependant sa puissance biologique et sa forte affinité pour le foie sont responsables d'effets secondaires métaboliques et vasculaires plus importants. » (Serfaty et Gabriel, 2002, 70).

Ainsi donc, prenez une calculette et faites vos comptes : 0,1% de passage pour un produit qui est de 100 à 600 fois plus actif que l'hormone naturelle...Est-ce que cela ne représente pas encore beaucoup trop de risques potentiels pour l'organisme ingénu de nos nouveaux-nés ??????

Par ailleurs, il nous faut quand même rappeler que l'allaitement lui-même est un acte contraceptif efficace, à la simple condition que cet allaitement soit complet avec des tétées fréquentes (au moins 6 par jour) et que les mères allaitantes n'aient pas encore eu leurs règles. L'indice de fiabilité de ce type de pratique est excellent sur les 6ers mois. Notre bonne médecine lui a même trouvé un nom générique et savant (alors qu'il s'agit de la plus vieille méthode de contraception connue au monde) : la Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée (MAMA) ou Lactation Amenorrhea Method (LAM). (Dreyfus, 2002, 299).

Dans la région bordelaise la « mode actuelle » (récente) est à la prescription systématique de pilules micro progestatives telles que CERAZETTE ou MICROVAL, sans avertissement ni information parentale d'aucune sorte.

C'est précisément la grande fréquence de pratique contraceptive pendant l'allaitement qui m'a conduit à la découverte puis à l'évaluation des impacts négatifs de cette pratique sur les bébés allaités.

Voilà, à vos neurones et bon courage...

Ce chapitre se veut avant tout une information alternative, offerte aux couples désireux de réfléchir et ayant le désir d'éviter toute pollution chimique inutile à leur progéniture.